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POLYCOPIE NATIONAL DE CANCEROLOGIE |
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Cancer de l’ovaire : signes cliniques, moyens diagnostiques et bilan d’extension, stratégie thérapeutique (153) Pr. Jacques Dauplat, Dr. Guillaume Le Bouëdec.Centre Jean Perrin, 58, rue Montalembert, B.P. 392, 63011 Clermont-Ferrand Cedex 1 - Mars 2006 (mise à jour mars 2006)
1. Introduction Malgré les progrès thérapeutiques, le taux de survie à 5 ans de ces femmes ne dépasse pas 25 %. Pourtant, lorsque le diagnostic est précoce alors que la tumeur est limitée à un ovaire ou aux deux ovaires, les chances de guérison sont réelles avec une survie à 5 ans de l’ordre de 90 %. Il paraît donc particulièrement important de faire le diagnostic de cette affection aussi précocement que possible, mais malheureusement il n’existe aucun signe clinique caractéristique et la survenue d'une tumeur ovarienne peut s'accompagner d'une symptomatologie extrêmement variée voire trompeuse. Ceci explique que régulièrement des cancers de l’ovaire sont diagnostiqués par des gastroentérologues ou des chirurgiens généralistes ou viscéralistes plutôt que par des gynécologues. D’autre part on connaît mal la vitesse de croissance des tumeurs de l’ovaire et, s’il est probable que certaines possèdent une longue période de latence clinique qui serait propice à un diagnostic précoce, il est certain que d’autres évoluent rapidement et connaissent très vite une dissémination péritonéale rendant illusoire une éventuelle intervention précoce. Il importe donc, devant toute symptomatologie mal expliquée, de savoir penser au cancer de l’ovaire et de pratiquer un examen gynécologique approprié complété par une échographie abdomino-pelvienne qui est le maître examen du diagnostic de cette affection. 2. Dépistage 3. Rappel anatomo-pathologique et histoire naturelle La glande est recouverte d’un épithélium qui est en continuité avec la séreuse péritonéale mais non recouverte par elle pour permettre l’ovulation. Cet épithélium est à l’origine de 90 % des lésions ovariennes et celles-ci peuvent être bénignes (le plus souvent kystiques) ou malignes ou à malignité atténuée, dites encore “frontières“ ou "borderline". Les cancers sont des épithéliomas cylindriques ou adénocarcinomes qui peuvent connaître une différenciation séreuse, mucineuse, endométrioïde ou à cellules claires. La lignée germinale peut être à l’origine de séminomes, de dysembryomes plus ou moins matures et de choriocarcinomes ; ces tumeurs surviennent plus volontiers chez la femme jeune. Les tissus de soutien et les thèques sont à l'origine des tumeurs de la granulosa, des fibromes ou des fibrothécomes ou de tumeurs à cellules de Leydig ou de Sertoli qui sont souvent responsables d'une sécrétion hormonale anormale. Enfin l’ovaire peut être le siège de tumeurs secondaires, métastases d’autres cancers : digestifs, mammaires, lymphomes… Les épithéliomas ovariens sont le plus souvent kystiques ou mixtes mais à partir du moment où des cellules néoplasiques apparaissent à la surface de l’ovaire elles vont “desquamer“ dans la cavité péritonéale qu'elles vont rapidement ensemencer au gré des mouvements imprimés à cette cavité par la respiration diaphragmatique. Des implants tumoraux péritonéaux vont proliférer au niveau de l'épiploon et du péritoine pariétal jusqu'aux coupoles diaphragmatiques pour constituer une carcinose péritonéale avec ascite caractéristique du stade III de la maladie le plus souvent diagnostiqué. La classification anatomo-clinique de des Gynécologues Obstétriciens (F.I.G.O.) reflète les différents stades évolutifs (cf. tableau). Elle ne peut être déterminée avec précision qu'après une exploration chirurgicale de l'abdomen. 4. Age de survenue Les épithéliomas ovariens sont une affection plutôt post-ménopausique avec un âge moyen de survenue de 60 ans. Ils peuvent cependant se rencontrer beaucoup plus précocément et le jeune âge ne permet pas d’en éliminer l’éventualité. Les tumeurs de la lignée germinale sont généralement rencontrées chez des femmes jeunes. 5. Symptomatologie fonctionnelle On rencontrera : Parfois, on rencontrera un simple inconfort abdominal associé à une discrète altération de l’état général et souvent un interrogatoire soigneux retrouvera une ancienneté de plusieurs mois à ces troubles témoignant déjà d’une longue période d’évolution de la maladie. Devant une symptomatologie aussi vague et peu caractéristique il faut savoir penser au cancer de l’ovaire et procéder à un examen gynécologique soigneux. 6. Examen physique A travers la paroi on peut palper les nodules péritonéaux indurés notamment au niveau de l'épiploon où ils peuvent être très volumineux (“gâteau tumoral épiploïque“). Parfois l’inspection découvre un nodule ou une induration ombilicale appelé « nodule de Sœur Mary Joseph » et qui correspond à une infiltration cancéreuse de l’ombilic. Il faut poursuivre par la recherche d'adénopathies inguinales ou sus-claviculaires. Au spéculum le col a un aspect normal mais du sang peut provenir de l’utérus. Il peut être dévié et abaissé alors que dans les fibromes utérins il est plus souvent suspendu. Les touchers pelviens permettent de soupçonner l'origine annexielle de la tumeur. Dans les stades précoces il s’agit d’une masse latéro-utérine uni- ou bilatérale. Perçue à travers le cul-de-sac vaginal elle est bien limitée, arrondie, rénitente et elle est séparée de l’utérus par un sillon et peut être mobilisée indépendamment sans faire bouger l’utérus. Aux stades avancés il existe une prolifération tumorale qui envahit progressivement le petit bassin, fixant la tumeur à l’utérus et colonisant le cul-de-sac de Douglas. Les touchers perçoivent le pôle inférieur de ce bloc tumoral qui comble le pelvis plus qu'il ne l'infiltre. On constate la présence d’une masse indurée irrégulière polylobée bloquée dans le petit bassin. Le cul-de-sac de Douglas est occupé par des nodules tumoraux alors que généralement les paramètres ne sont pas infiltrés. En aucune circonstance l’examen clinique ne permet d’éliminer le risque de malignité devant une masse pelvienne ou annexielle ; en revanche 4 éléments cliniques permettent de fortement l'évoquer : La variabilité de la symptomatologie pourrait conduire à décrire de multiples formes cliniques. Par exemple, les classiques complications des kystes ovariens à type de torsion ou de rupture n'éliminant en aucun cas l’éventualité de la malignité qui sera alors une découverte opératoire. L’occlusion intestinale peut être une forme révélatrice d’une carcinose évoluée. Lors de ces interventions d’urgence, les meilleures conditions pour une chirurgie cancérologique ne sont pas toujours réunies. Selon l’âge, des formes particulières peuvent être distinguées : Il faut donc savoir y penser devant des troubles endocriniens : puberté précoce, troubles des règles, imprégnation oestrogénique anormale en postménopause (tension mammaire, leucorrhées, métrorragies, modification de la cytologie vaginale), ou au contraire virilisme, et faire faire des dosages appropriés des hormones sexuelles qui peuvent avoir un intérêt diagnostique et dans la surveillance ultérieure. 7. Echographie Il s’agit d’un examen d’une sensibilité extrême capable de repérer de simples follicules à la surface de l’ovaire. Le problème est davantage celui de rechercher des signes suspects de malignité. C’est aussi un examen opérateur-dépendant qui bénéficie de l’expérience de celui-ci. Cependant, la certitude de bénignité ou de malignité ne peut être affirmée que par une analyse histologique. L’échographie permet l’exploration des ovaires, de l’utérus et de sa cavité, de la cavité péritonéale, du foie, des reins et dans des circonstances favorables des chaînes ganglionnaires rétropéritonéales. L’échographie va mettre facilement en évidence une masse latéro-utérine et va permettre d’en décrire les caractéristiques : La plupart du temps elle va permettre d’affirmer qu’il s’agit d’une masse annexielle. Celles-ci sont : L’aspect le plus simple est celui d’un kyste anéchogène, c’est-à-dire liquidien pur vide d'écho et à parois fines associé à aucune autre anomalie pelvienne. Chez la femme en période d’activité génitale, lorsque ce kyste demeure de volume modeste (5 à ), il évoque avant tout un kyste fonctionnel. Il ne doit pas faire l’objet d’une attitude agressive mais doit être recontrôlé après 1 ou 2 cycles menstruels car dans ce cas il régresse spontanément. Sa persistance en signerait l'organicité et mériterait une exploration complémentaire car le risque de malignité ne peut être formellement exclu même s’il est faible (1 à 2 %). Le même kyste après la ménopause est organique, le risque de malignité atteint 5 à 7 % même en présence de caractères rassurants et l'exploration chirurgicale s’impose. En dehors du kyste simple, toute complexification de l’aspect échographique augmente la suspicion de malignité sans pour autant toujours l’affirmer. Ainsi les kystes peuvent être multiples ou multiloculaires avec présence de cloisons dont on évaluera plus précisément l'épaisseur et la vascularisation grâce à l’echodoppler. Les kystes peuvent être hétérogènes avec présence de zones tissulaires plus ou moins charnues ou même de calcifications. Ces aspects renforcent la suspicion de malignité mais peuvent aussi correspondre à des lésions bénignes : par exemple, les kystes dermoïdes qui sont des dysembryomes matures (tératomes) que l’on peut rencontrer chez la jeune femme contiennent en général du tissu graisseux, parfois des phanères ou même des ébauches osseuses ou dentaires. Les kystes mucineux sont souvent volumineux et/ou multiloculaires et les kystes endométriosiques contiennent un liquide épais dont la sédimentation est parfois échogène. La découverte d’une tumeur tissulaire homogène n’est pas forcément significatrice de malignité mais peut prêter à confusion avec un fibrome utérin éventuellement sous-séreux pédiculé. Les fibromes ou fibrotécomes de l’ovaire existent et renforcent ce risque de confusion ; des arguments de présomption sont fournis par comparaison avec l'échogénicité de l’utérus et la présence ou non d’autres léiomyomes utérins. Sinon, l’exploration chirurgicale redressera le diagnostic. Le signe majeur de malignité est constitué par les irrégularités des parois internes ou externes de la masse qui peuvent prendre l’aspect de végétations plus ou moins épaisses et plus ou moins confluentes. La présence de quelques végétations (moins de 5) n’est pas forcément signe de malignité mais des végétations nombreuses épaisses et confluentes à l’intérieur et à l’extérieur de la masse doivent être considérées comme malignes sans que l'on puisse trancher entre malignité vraie et malignité atténuée (“borderline“). L’échodoppler est intéressant pour explorer la vascularisation du kyste de ses cloisons et/ou de ses végétations : la néovascularisation qui accompagne les lésions néoplasiques se caractérise par sa richesse (hypervascularisation) et sa vitesse de circulation rapide (diminution de la résistivité). La constatation de signes suspects, en particulier l'hétérogénéité et les végétations, doit faire compléter l’exploration aux niveaux pelvien et abdominal. L’autre ovaire et l’utérus doivent être examinés car la bilatéralité des lésions malignes est fréquente et des métastases endométriales sont possibles, entraînant un épaississement échographique de la muqueuse utérine. Le Douglas doit faire l’objet d’une attention particulière car du liquide d'ascite peut s’y accumuler et l’on peut retrouver l’aspect végétant des nodules de carcinose. L’exploration abdominale doit être complète et rechercher un épanchement liquidien à l'étage supérieur (rétro- et sous-hépatique, espace de Morisson) et des nodules de carcinose au niveau des coupoles diaphragmatiques, du péritoine pariétal et de l'épiploon où ils peuvent être particulièrement volumineux. Le foie doit être examiné et est souvent le siège de nodules sur la capsule de Glisson plus rarement de métastases intra-parenchymateuses. Les reins sont rarement intéressés ; on recherchera cependant une dilatation de leurs cavités par compression des uretères pelviens. Enfin, dans les cas favorables (à l’étude échographique) une exploration des chaînes ganglionnaires rétro-péritonéales peut mettre en évidence des adénomégalies pelviennes ou lombo-aortiques. Plusieurs auteurs ont essayé de regrouper des critères échographiques pour construire un score destiné à mieux évaluer le risque de malignité. En fait, à partir du moment où l’on a la certitude d’une lésion organique, une exploration chirurgicale au moins par coelioscopie s’impose. Evaluer le risque de malignité est alors important, surtout pour décider au préalable des éventuelles modalités et conséquences de la chirurgie et en prévenir la malade et sa famille. 8. Apport des autres techniques d’imagerie Le scanner et l’IRM sont donc d’un intérêt limité pour poser l'indication opératoire. Ils peuvent cependant être intéressants pour avancer dans la caractérisation de certaines lésions : Enfin, en cas de carcinose péritonéale et d'ascite un cliché pulmonaire est indispensable pour dépister un éventuel épanchement pleural fréquemment associé dans les stades IV de la maladie ovarienne. 9. Rôle des marqueurs biologiques A l’inverse, leur sensibilité peut être prise en défaut car certaines tumeurs peu différenciées ont une faible sécrétion. Les marqueurs ne constituent pas un outil de détection suffisamment fiable pour être utile dans le cadre d’un dépistage. C’est donc davantage l’évolution de ces marqueurs qui sera prise en compte au cours de l’évolution. Ils sont alors de bons témoins de l’efficacité thérapeutique et ils se révèlent utiles pour la surveillance ultérieure. Nous avons déjà cité les marqueurs spécifiques des tumeurs de la lignée germinale qui sont à la fois plus spécifiques et plus fiables, reflétant parfois même le type histologique. L'-foetoprotéine est élevée dans les dysembryomes, HCg et HCg dans les choriocarcinomes. Enfin, redisons que dans les tumeurs sécrétantes les dosages hormonaux peuvent faire office de marqueurs biologiques. 10. Diagnostic différentiel Devant une masse annexielle, il s’agit seulement d’en affirmer l'organicité pour poser l’indication opératoire. Seuls les kystes fonctionnels peuvent faire l’objet d’une surveillance chez la femme en période d’activité génitale. D’autres lésions fonctionnelles peuvent malgré tout conduire à une exploration coelioscopique. Il s’agit : D’autre part, à côté des lésions ovariennes on peut rencontrer des lésions para-ovariennes ou tubaires telles que l’hydrosalpynx. Notons que le cancer de la trompe existe et que sa symptomatologie, son extension, son évolution et son aspect anatomo-pathologique sont tout à fait comparables à ceux du cancer ovarien avec une sanction thérapeutique identique. Devant une ascite avec suspicion de carcinose péritonéale, il s’agit de confirmer cette dernière et de la rattacher à une origine ovarienne primitive : Il faut bien sûr éliminer les ascites transsudatives de l’insuffisance cardiaque ou de la cirrhose hépatique dans lesquelles le CA 125 peut être élevé. La clinique et l’échographie ne montrant pas de lésion tumorale ovarienne ou péritonéale, une ponction d'ascite ramènera du liquide citrin acellulaire et pauvre en protéines. Il faut aussi éliminer la devenue rare tuberculose péritonéale qui peut donner une miliaire évoquant une carcinose. La constatation de follicules giganto-cellulaires à l'histologie doit orienter vers ce diagnostic et faire rechercher le BK. Enfin, en cas de carcinose néoplasique vraie, le liquide est hémorragique et contient des cellules néoplasiques et le prélèvement d’un nodule au cours d’une coelioscopie ou d’une laparotomie doit permettre de diagnostiquer un adénocarcinome compatible avec une origine ovarienne éliminant ainsi les autres causes de carcinoses secondaires qui sont le plus souvent d’origine digestive (estomac, pancréas) ou mammaire (en particulier les cancers lobulaires du sein). Dans certains cas, il sera difficile de trancher car il existe aussi une tumeur secondaire ovarienne : Dans ces deux derniers cas cependant, la conduite thérapeutique sera la même que pour un cancer primitif ovarien. Le péritoine peut être colonisé par d'autres processus néoplasiques comme les sarcomes qui provoquent des nodules arrondis multiples sur le péritoine pariétal et viscéral ; l'histologie permet le diagnostic. Citons enfin le syndrome de Demons-Meigs qui associe un fibrome ovarien, une ascite réactionnelle et un épanchement pleural. Il s ‘agit d’une lésion bénigne confirmée par l’intervention chirurgicale. 11. Orientations thérapeutiques 11.1. Devant une lésion organique annexielle Chez la femme jeune, l’exploration chirurgicale peut être faite par coelioscopie. L’opérateur doit être habitué à la sémiologie endoscopique des lésions ovariennes afin de pouvoir détecter rapidement les signes de malignité. Le diagnostic doit être confirmé pendant l’intervention par l’examen anatomo-pathologique extemporané d’une biopsie. Ceci suppose donc le concours d’un anatomo-pathologiste expérimenté dans le domaine des tumeurs ovariennes. Malgré cela, conclure en extemporané peut être difficile notamment entre un cancer invasif ou une tumeur frontière. Il faut parfois se résoudre à arrêter là l’intervention plutôt que d’effectuer des gestes irréversibles notamment chez une patiente jeune et non prévenue. Une deuxième intervention peut alors être nécessaire après histologie définitive. Si la malignité est confirmée au cours de la coelioscopie, la règle doit être la conversion en laparotomie. En effet, il faut savoir que la manipulation intempestive d’un cancer ovarien par coelioscopie peut favoriser la dissémination des cellules cancéreuses dans le péritoine et entraîner une lourde perte de chances pour la patiente. 11.2. Traitement du cancer de l'ovaire au stade précoce Le traitement du cancer de l'ovaire au stade précoce est une hystérectomie et annexectomie bilatérale associée à une exploration très complète de toute la cavité péritonéale et des chaînes ganglionnaires rétropéritonéales. Des prélèvements péritonéaux sont systématiques dont l'exérèse du grand épiploon et le prélèvement du liquide ou le lavage pour examen cytologique. Le but est d’acquérir la certitude que des cellules n’ont pas migré dans le péritoine ou les ganglions, ce qui est observé dans 30 % des cas environ. Chez la femme jeune sans enfant en présence d’une lésion unilatérale, le traitement peut être conservateur (annexectomie unilatérale et exploration) pour préserver la fécondité. Les formes précoces avec facteur de mauvais pronostic (grade de différenciation élevé, cytologie péritonéale positive) doivent faire l’objet d’une chimiothérapie adjuvante comportant un sel de platine. 11.3. Traitement des stades avancés Les stades avancés avec extension péritonéale doivent faire l’objet d’un traitement chirurgical et d’une chimiothérapie comportant un sel de platine. Le chirurgien doit faire une réduction maximale du volume tumoral. Seules les femmes dont le résidu tumoral postchirurgical est nul ou minime ont des chances de survie prolongée (environ 50 % à 5 ans). Cela peut conduire à des interventions majeures avec résections digestives et curages ganglionnaires étendus. Dans certaines équipes en présence de signes d’extension péritonéale majeure (intérêt du scanner) on préfère commencer par faire 3 cures de chimiothérapie (après biopsie par coelioscopie) pour intervenir dans de meilleures conditions. Au total, c’est un ensemble d'arguments cliniques échographiques et biologiques qui conduit à suspecter plus ou moins fortement un cancer de l’ovaire dont le diagnostic histologique et la véritable extension intra-abdominale (stade anatomo-clinique) ne peuvent être confirmés que par une exploration chirurgicale par laparotomie ou au minimum par coelioscopie. Les modalités chirurgicales qui peuvent être lourdes et mutilantes doivent être discutées avant l’intervention avec la malade et sa famille. La multiplicité des éventualités cliniques et anatomo-pathologiques, la nécessité d’interventions souvent lourdes et complexes imposent que lorsque la suspicion de cancer de l’ovaire est grande, la malade doit être confiée à une équipe médicochirurgicale expérimentée dans le domaine de la gynécologie et de la cancérologie. 12. Classifications anatomo-cliniques des cancers de l'ovaire 12.1. Correspondance FIGO – TNM
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