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POLYCOPIE NATIONAL DE CANCEROLOGIE |
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Cancers osseux primitifs : ostéosarcomes (154a) Jean-Yves Blay, Isabelle Ray-Coquard - Juin 2006 (mise à jour juin 2006)
1. Epidémiologie Il s’agit essentiellement d’une tumeur de l’adolescent et de l’adulte jeune, 70% des sarcomes ostéogéniques étant diagnostiqués avant l‘âge de 18 ans. Cette tumeur peut survenir cependant à tout âge, et dans 10% des cas au delà de 40 ans. Ils apparaissent dans ce cas sur des lésions préexistantes, maladie de Paget, ou tumeur osseuse bénigne antérieure Des facteurs favorisants des sarcomes osseux primitifs ont été identifiés. Parmi les facteurs de risques constitutionnels, avec souvent un contexte familial, une mutation germinale du gène du rétinoblastome ou de p53 constituent des facteurs favorisants, notamment chez les adultes jeunes. Une irradiation antérieure, pour une tumeur bénigne ou maligne constitue également un facteur de risque. Les ostéosarcomes peuvent survenir rarement (1%), sur une maladie de Paget, ou sur une tumeur bénigne (tumeur à cellules géantes, notamment irradiée), ou sur une tumeur maligne de faible grade (chondrosarcome de grade 1). Dans ce dernier cas, on parle volontiers d’ostéosarcome secondaire. Le rôle de traumatismes antérieurs, évoqué par certains sur la base d’observations cliniques ponctuelles n’a jamais été formellement établi. 2. Histologie Il s’agit de tumeurs malignes et dans le cas des tumeurs du tissu conjonctif cette malignité se traduit par leur capacité à dépasser le compartiment d’ou elles proviennent, d’envahir ainsi les tissus mous adjacents et de donner des métastases On distingue plusieurs variétés histologiques d’ostéosarcomes. Tous les os peuvent être le siège d’ostéosarcomes, et ces tumeurs peuvent parfois même survenir dans des tissus mous ou dans certains organes. Les localisations osseuses les plus fréquentes sont cependant « près du genou et loin du coude », avec des localisations fémorales inférieures et tibiales supérieures qui représentent près de 50% des localisations primitives. En 2002, le diagnostic histologique doit impérativement être complété par un diagnostic moléculaire. Pour certaines tumeurs malignes primitives osseuses autres que l’ostéosarcome, notamment pour les sarcomes d’Ewing, il existe en effet une translocation spécifique qui peut être recherchée par cytogénétique conventionnelle, et surtout actuellement par PCR. De ce fait, tout prélèvement d’une tumeur osseuse potentiellement maligne doit conduire à un stockage autorisant les techniques de diagnostic moléculaire par PCR à la recherche de produit de gène de fusion de translocation spécifiques, par exemple dans le sarcome d’Ewing (t(11, 22) et les translocations variantes). 3. Sémiologie clinique La tuméfaction est visible dans les localisations des membres, parfois moins évidente dans les localisations du tronc. Elle est parfois chaude inflammatoire, sensible à la pression, associée rarement à un envahissement cutané ou responsable de signes en aval, de compression vasculaire ou nerveuse. L’impotence fonctionnelle se traduit de manière variable en fonction de la localisation primitive : dans les localisations des membres inférieurs, une boiterie est fréquemment rencontrée. Parfois la tumeur est révélée par une fracture pathologique. Le pronostic serait alors moins bon. Les ostéosarcomes de haut grade sont de localisations principalement métaphysaires. Des localisations diaphysaires, ou épiphysaires sont cependant possibles. Des symptômes généraux sont parfois rencontrés et doivent être systématiquement recherchés : amaigrissement, fièvre, altération de l’indice d’activité. Les localisations métastatiques sont rarement perceptibles cliniquement, en dehors des métastases osseuses. 4. Sémiologie paraclinique Toute image radiologique de tumeur osseuse doit conduire à un avis d’une équipe multidisciplinaire spécialisée dans le traitement des tumeurs osseuses, car le diagnostic différentiel entre tumeur maligne et bénigne n’est pas uniquement anatomopathologique (cf infra). La tomodensitométrie retrouve des images ostéolytiques, de rupture corticale, et d’envahissement des parties molles sensiblement similaires. Elle est utilisée plus particulièrement pour le bilan local des ostéosarcomes du tronc, et permet une mesure plus précise de la taille de la lésion. L’imagerie par résonance magnétique (IRM) avec séquence T1 et T2 et injection de produit de contraste est un examen indispensable, notamment pour les ostéosarcomes des membres : elle permet de préciser la taille de la lésion, son extension locale, ses rapports avec les structures adjacentes dans les parties molles, notamment avec les paquets vasculo-nerveux. 5. Méthodes de diagnostic L’examen anatomopathologique reste cependant un élément clé de cette triade diagnostique. Le diagnostic anatomopathologique est effectué sur une biopsie chirurgicale, faite par le chirurgien d’une équipe multidisciplinaire qui effectuera le geste radical ultérieurement, après revue du dossier par le chirurgien, le radiologue, l’oncologue et le médecin anatomopathologiste. La biopsie réalisée par ce chirurgien sera effectuée par une incision courte prévoyant le geste chirurgical définitif secondaire. Le trajet de la biopsie et toute la cicatrice devront être enlevés au cours du geste chirurgical définitif. Une biopsie effectuée de manière inadéquate met en danger le pronostic vital du patient, et peut conduire à une amputation secondaire de nécessité. L’examen anatomopathologique de cette biopsie, réalisé après décalcification de la pièce, permet de porter le diagnostic de malignité, le diagnostic d’ostéosarcome et éventuellement le sous-type histologique. L’étape diagnostique est essentielle et conditionne souvent le pronostic ultérieur. 6. Bilan d'extension Le bilan d’extension devra de ce fait comprendre avant toute chose un examen clinique complet, local, et général, précisant l’état général, les signes d’extension locaux et à distance, la présence de signes généraux, la perte de poids. Sur le plan morphologique, il comporte une radiographie pulmonaire, un scanner thoracique avec injection de produit de contraste iodé, une scintigraphie osseuse corps entier au technetium 99, et tout examen requis par un examen clinique suspect. Comme nous l’avons déjà indiqué, le bilan d’extension local repose sur les clichés radiologiques simples, et l’imagerie par résonance magnétique (IRM) avec séquence T1 et T2 et injection de produit de contraste, parfois la tomodensitométrie pour les tumeurs du tronc et de la tête et du cou. 7. Classification 8. Diagnostic différentiel Il repose sur une confrontation des documents cliniques, radiologiques et anatomopathologiques entre le radiologue, le chirurgien, l’anatomopathologiste, et l’oncologue. Une tumeur qui franchit le compartiment anatomique n’est par définition pas bénigne, mais certaines tumeurs (tumeurs à cellules géantes) ont une malignité parfois purement locale. Certaines tumeurs sont de diagnostic difficile, se situant à la frontière entre tumeur bénigne et maligne (chondrosarcome de grade I). Le diagnostic de malignité étant posé, le diagnostic du sous type histologique de tumeur osseuse doit également être porté par l’anatomopathologiste. En dehors des ostéosarcomes, les tumeurs osseuses les plus fréquentes sont : Le diagnostic différentiel le plus fréquent d’une tumeur osseuse primitive reste cependant celui d’une tumeur osseuse secondaire, notamment au delà de 40 ans. Les tumeurs primitives les plus fréquemment en cause sont les cancers du sein, du poumon, du rein, de la prostate, pour ne citer que les plus fréquents. |
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